Punition en MECS

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Punition en MECS

Message par Vincenz le Ven 11 Oct - 10:22

Salut ! Comme je le disais dans un de mes post je bosse en MECS (moniteur educ) et j'ai rencontré une situation qui m'a posé question. Avec des enfants 6-8ans des collègues arrivent de les punir à l'heure de couché dans la salle de bain. Petit problème, ils oublies de lever la punition et du coup les enfants dorment dans la baignoire.

C'est arrivé plusieurs fois et bien que je tente d'aborder cette question en réunion d'équipe , le problème est balayé d'un revers de la main en prétextant que nous avons des questions plus urgentes à aborder (notamment l'organisation des plannings et des vacances).

Ce type de punition me gêne, si vous avez des débuts de solution je suis preneurs.

Bien à vous

Vincenz

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Re: Punition en MECS

Message par Dubitatif le Dim 13 Oct - 13:50

Bonjour Vincenz: t'as pas pu aborder ces questions en supervision, c'est normalement el bon espace pour ce genre de débat:
* les réuniosn d'équipe pour l'organisationnel;
* les synthèses pour les questiosn particulières d'un ejuen
$ la supervision pour les problème de cohérence en équipe et "d'éthique"


Dubitatif

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Re: Punition en MECS

Message par Eric Collectif le Mar 15 Oct - 17:52

Bonjour Vincenz,

Je suis formateur et membre du Collectif pour une éthique en Travail Social et tu es la première personne avec qui je dialogue sur le  blog. Je prends la plume pour compléter la réponse que Dubitatif t’a faite. Bien sûr, évoquer ces questions en supervision ou durant des séances d’analyse des pratiques mises en place dans le cadre du travail est judicieux. Sauf que tu n’aurais sans doute pas attendu pour le faire, si une telle supervision était instaurée.

Que faire en l’absence d’analyse des pratiques sur place ?

Il n’y a pas que dans ton établissement où la question de la sanction est taboue. C’est en effet une question délicate et à bien distinguer de la punition. Mais en parler c’est entrer dans toutes les difficultés de la relation éducative et aller à l’encontre de l’image de l’éducateur, chevalier blanc au service des plus vulnérables. D’un côté, il y donc des équipes qui ne veulent pas mettre en discussion leur représentation de leur propre rôle, qui est basée sur l’image du sauveur, celui qui serait capable de toutes les compréhensions vis-à-vis de l’autre, et donc d’adapter le cadre à la singularité de chacun des hébergés. D’un autre côté, les organisations de travail ont « besoin » de fonctionner dans la régularité, c’est-à-dire de reproduire un cadre intangible en contraignant les hébergés à gommer leur singularité et à s’adapter au cadre.

Dans un environnement de travail où se créé un tel type d’opposition, il y a deux attitudes.

Celle, a priori, de la majorité de tes collègues (et de la hiérarchie) qui vont vivre de manière schizophrène la situation. Ils vont soutenir le cadre de travail en contraignant les jeunes, y compris par la sanction/punition, mais pour garder leur propre estime professionnelle à leurs yeux, ils vont refouler, exclure, tout débat à ce sujet (sous les prétextes les plus divers, par exemple d’avoir à discuter de choses plus importantes lors des réunions). En analyse institutionnelle, on peut parler alors de « dissimulation généralisée ». Je passe, parce que tu dois bien le voir tous les aspects négatifs qui en découlent, sur l’effet que cela produit.

L’autre attitude (la tienne ?) consiste à se dire qu’existe une mise en tension entre deux pôles d’opposition et qu’il faut savoir positionner le cursus entre ces deux pôles. Il y a accommodation, c’est-à-dire qu’un « effort » d’adaptation est exigé aussi bien du jeune vis-à-vis de la structure que de la structure vis-à-vis du jeune. Et que pour positionner le cursus de manière intelligente, il faut pouvoir en parler tous ensemble et commencer pour cela par accepter l’existence du problème.

Ca c’est le principe général, éthique et fonctionnel à la fois, de la résolution des conflits de représentation. Tu peux bien sûr poser la question de la sanction dans l’établissement, en montant en généralité, c’est-à-dire en posant la question du principe en réunion institutionnelle : êtes-vous pour la dissimulation généralisée et le refoulé institutionnel ou pour la transparence et l’existence de débat sur les nécessaires mises en tension au sein de l’établissement. Franc succès bien sûr…

L’autre solution, plus lente, consiste à mettre à jour progressivement la question de la sanction en passant par la création d’un « recueil (registre, carnet…) des incidents » qui obligera à rendre visible les pratiques.

Comment procéder ? En biaisant. Ce qu’il faut c’est vendre aux collègues, dans un premier temps, c’est que leur responsabilité d’éducateur pourrait être engagée en cas d’incidents à répétition de la part d’un gamin. Les registres d’incidents existent dans un certain nombre de lieux du social : ITEP, MECS, IME… Leur fonction est d’aller plus loin que le simple carnet de liaison. En effet, le carnet de liaison est lu ou pas par la hiérarchie, mais cette dernière n’est pas tenue de réagir. Tandis qu’un registre d’incident doit être contresigné obligatoirement par la hiérarchie dès le lendemain, qui doit indiquer les suites qu’elle donne à l’incident.

Ainsi, face à un incident, ce n’est plus que le simple éducateur qui doit le gérer, mais la hiérarchie qui devient, après l’action immédiate de l’éduc, dès le lendemain responsable du comportement du gamin. Je suis sûr que dit ainsi tes collègues serait ok pour instaurer un tel registre et pour pousser en avant les Délégués du Personnel pour en défendre le principe.

Sauf que tes collègues ne savent pas que tu as un deuxième étage à ta fusée. En effet au bout de 3 ou 4 mois, quand l’habitude du registre se fait, les incidents deviennent visibles et ne sont donc plus tabou. Il est alors beaucoup plus facile d’aborder la question de fond et, de manière faussement innocente, poser la question de style : « Nous avons eu le trimestre dernier plus d’une douzaine d’incidents répertoriés pour Nicolas (ou Ibrahim ou Nicolette ou Brahima…). Puisque la hiérarchie doit s’emparer du problème de ce genre, qu’est-ce qu’elle nous préconise comme réponse, y compris sur le moment même de l’incident : faut-il sanctionner ? Si oui, comment ?... ».

Le débat est alors lancé. Cela peut mettre un an, mais c’est parfois le temps nécessaire pour un changement de comportement professionnel sur cette question de la sanction.

Eric Collectif

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Re: Punition en MECS

Message par Admin le Dim 20 Oct - 13:25

Je n'aurais pas dit mieux que mon collègue Wink 

La question de la sanction est souvent mélangé avec celle de la punition et devient un outil difficile à manier dans le feu du quotidien et de ses difficultés. C'est pourquoi, je pense qu'il est nécessaire de sortir du quotidien et de prendre le temps d'en parler sereinement lors de temps dédiés.

Il ne faut pas sous estimer cette question et la rendre anecdotique face à des impératifs administratifs.

Sans réflexion à tête reposé, on a de grande chance de foncer droit dans le mur !

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Rectification

Message par Eric Collectif le Dim 20 Oct - 17:43

Vincenz dans ma réponse de l'autre jour, j'ai parlé de cursus: tu auras rectifié de toi-même, je voulais parler de curseur. Bien à toi!

Eric Collectif

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Re: Punition en MECS

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